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Salut Toikimelis, et peut-être Toikitinquiètes parfois...

Je suis toujours là.  Bel et bien là.

L'opération a finalement eu lieu.  On m'a ouverte comme une boite de sardines pour aller y pêcher le crabe.

Je te passerai les détails de l'opération (en même temps, tu te doutes bien que je dormais), les angoisses de mes proches qui ont attendu que l'intervention se termine (elle a duré 12h30).

Le crabe était terré dans la tête de mon pancréas.  Le magnifique chirurgien l'a eu.  Ce traître avait commencé à déposer ses bouts de pinces sur mes vaisseaux.  Alors on va "Karchériser" tout ça avec de la chimio.

Combien de temps, à quelle fréquence ?  Je n'en sais encore rien.  On verra dans quelques jours.

Je vis au jour le jour.  

Je savoure plus que jamais l'instant présent.

En juin on m'avait dit que j'allais crever dans les deux ou trois mois.

Nous sommes fin novembre.

Je suis sur mes deux jambes.  Rafistolée de l'intérieur, remplie de cicatrices.

Alors bien sûr c'est lourd.  Le pire c'est reflux.  Surtout pour l'émétophobe que je suis.

J'ai peu voire pas de douleurs.  En tous cas elles me sont supportables.

Alors c'est lourd mais ce n'est rien comparé à la légèreté que je ressens à être V I V A N T E.

 

Au delà du bulletin de santé ci-dessus, je voulais surtout te dire que je mesure et ô combien la chance que j'ai d'être en vie.  De me plonger dans le bleu océan des yeux de ma fille.  D'écouter la musique de mon fils.  De voir la neige prendre possession des cheveux de maman.  De fêter l'anniversaire de mes frères.  De me réjouir d'avoir des amis en or.  Et des les aimer plus que jamais.

 

Je n'ai  changé d'avis sur rien... il y a toujours des phrases qu'il vaut mieux éviter de me dire comme "bats toi", "Courage", "t'as pas le droit de flancher" ou "rien ne t'est épargné"

La mort m'a été épargnée.  

Si j'ai le droit de flancher quand j'en peux plus.  Du courage j'en ai à revendre et me battre, je ne fais que ça.

Mais dites moi à quel point vous m'aimez, dites moi "je suis là si tu as besoin de moi", dites moi "on va boire un verre quand ?" dites moi " je t'admire" (oui, en toute sincérité, ça fait du bien quand justement "on se bat en silence"), dites moi " ça te va bien tes 20 kg de moins", dites moi " t'as bonne mine" mais juste si c'est vrai.

Chaque soir avant de m'endormir je souris et suis reconnaissante.

Même si mon combat n'est pas fini, j'estime qu'humainement je l'ai gagné.